« Mon combat », « My Struggle ». Karl Ove Knausgård.

Pendant ce mois de juillet, la promotion en livres (-25% du prix non-membre) est la biographie, les témoignages et les récits de vie. On présentera donc, pendant ce mois, quatre suggestions de lecture reliées au domain biographique.

Voici l’œuvre de Karl Ove Knausgård: « Mon combat » / « My Struggle ».

Mon combat (T01) La mort d’un père, Karl Ove Knausgaard, Folio (727 p.)
17.95$ prix régulier; 15.95$ prix membre
My Struggle (T01) A Death in the Family, Karl Ove Knausgaard, Vintage Books (490 p.)
18.99$ prix régulier; 16.95$ prix membre

Karl Ove Knausgård (Olso, 1968) entreprit en 2009 un projet littéraire unique: son œuvre autobiographique « Mon combat » est une grande prouesse de 3600 pages, un effort littéraire digne d’admiration et un exemple de vocation littéraire, composée de six tomes (le dernier paru en 2011).
« Mon combat », dont le titre est provocateur, a obtenu plusieurs prix dans son pays, une quantité incroyable de lecteurs ainsi qu’un grand nombre de traductions. L’œuvre se situe à mi-chemin entre le pacte autobiographique, les mémoires, les confessions intimes et la cure psychanalytique qui démythifie l’auteur. Cela fait que « Mon combat » donne l’impression que l’auteur risque sa peau dans chaque page, livrant ainsi une des formes de réflexion les plus proches de la vie qu’on ait lu depuis longtemps. Knausgård a été comparé à Marcel Proust, Robert Musil et Thomas Mann.

« La mort d’un père », le premier tome, surprend par sa lucidité et sa profondeur. C’est une œuvre consciencieuse, honnête, travaillée et sérieuse, qui est de bon augure pour les tomes suivants. L’auteur se lance dans une exploration proustienne de sa vie, en déambulant entre ses frustrations actuelles, sa relation avec sa famille et son passé – l’enfance, les insécurités de l’adolescence, la découverte du sexe, de l’alcool, cette « boisson magique », sa passion pour le rock – alors qu’il a atteint l’âge auquel son père est décédé.

Mon combat (T02) Un homme amoureux, Karl Ove Knausgaard, Folio
17.95$ prix régulier; 15.95$ prix membre
My Struggle (T02) A Man in Love, Karl Ove Knausgaard, Vintage Books (664 p.)
18.99$ prix régulier; 16.95$ prix membre

Le deuxième tome, « Un homme amoureux » mène l’auteur de la mort à la vie, d’être fils à être père. Karl Ove quitte sa femme, laisse la Norvège et tout ce qu’il connaît et part à Stockholm, prêt à parcourir les chemins que la vie lui présente. Sa vie change, et il écrit et décrit ses orageuses relations sentimentales et d’amitié. L’amour, la rage, la beauté, l’ennui et l’exaltation coulent dans ses pages. Knausgård écrit sur les instants qui composent une vie avec une véracité pointue.

Mon combat (T03) Jeune homme, Karl Ove Knausgaard, Dénoël, (581 p.)
44.95$ prix régulier; 39.95$ prix membre
My Struggle (T03) Boyhood Island, Karl Ove Knausgaard, Vintage Books (490 p)
18.99$ prix régulier; 16.95$ prix membre

« Jeune homme », troisième tome de la série, commence dans l’île de Tromøy à l’été de 1969, où l’auteur, âgé de 8 mois, arrive en poussette avec son père. Là, du centre d’immenses forêts chargées de promesses et de mystères , se déploie un incroyable décompte d’expériences et de découvertes: le bonheur de l’école et l’effort pour s’y intégrer; les récompenses et frictions de l’amitié; l’excitation de la vie en plein air; la découverte du visage le plus lumineux et le plus amer de l’amour; les craintes et les joies; les vêtements, la musique, la lecture, le sport. Mais aussi, par-dessus de tout, la famille, avec ses deux figures antagoniques: l’une floue et sereine (la mère), l’autre omniprésente et autoritaire (le père).

9780099581529

My Struggle (T04) Dancing in the Dark, Karl Ove Knausgaard, Vintage Books (548 p.)
18.99$ prix régulier; 16.95$ prix membre

Dans « Dancing in the Dark », le quatrième tome de « Mon combat » qui n’est pas encore paru en français, Karl Ove a 18 ans et vient d’atterrir à Håfjord, un petit village tout au nord de la Norvège. Là-bas l’attend un poste d’enseignant et la promesse d’une paix qui va lui permettre de cheminer vers sa vocation récemment découverte: l’écriture.
Cependant, après un très bon début, arrive la déception. Être professeur n’est pas simple, et les tentations ont beaucoup de visages: les filles, l’alcool, l’isolement, la solitude, le silence.
Quand le narrateur est sur le bord de la crise, quand son récit s’assombrit, l’auteur nous ramène au passé, aux racines du présent, où il y trouve musique et amour, écriture et vie; ainsi que le témoignage de ses désirs et de ses frustrations, de la difficulté de lutter avec l’héritage. 

« Aussitôt que la vie quitte un corps humain, il appartient au non-vivant. Les lampes, les valises, les tapis, les clenches, les fenêtres. Les terres, les marécages, les ruisseaux, les montagnes, les nuages, le ciel. Rien de tout cela ne nous est étranger et, bien que nous soyons en permanence entourées d’objets et de phénomènes non vivant,s il existe peu de choses qui provoquent en nous autant de désagrément que de voir quelqu’un pris par la mort, du moins à en juger par tous les efforts que nous faisons pour maintenir les cadavres hors de la vue. (…) Tant que les morts ne nous encombrent pas, il n’y a aucune raison de se presser, ils ne mourront pas une seconde fois. C’est particulièrement vrai en hiver. Les sans-abri qui meurent de froid sur les bancs ou sous les porches, les candidats au suicide qui se jettent du haut des bâtiments ou des ponts, les vieilles qui tombent dans les pommes dans l’escalier, les victimes d’accidents coincés dans leur voiture, le jeune homme ivre qui tombe dans la mer après une soirée en ville, la petite fille qui se retrouve sous les roues d’un bus, pourquoi cette précipitation à les cacher? Par décence? Quoi de plus décent que des parents puissent voir leur petite fille une ou deux heures après, sur le lieu de l’accident, allongée dans la neige, qu’ils puissent voir aussi sa tête broyée que le reste du corps intact, aussi bien ses cheveux ensanglantés que son anorak propre? Elle serait là, exposée au monde, sans secret. Mais même cette petite heure dans la neige est impensable. Une ville qui ne sait pas ôter ses morts de la vue, où l’on peut les voir dans les rues et les ruelles, les parcs et les parkings, n’est pas une ville mais un enfer. Et que cet enfer reflète notre condition d’une façon plus réaliste, et au fond plus vraie, n’a aucune importance. Nous savons bien ce qu’il en est mais nous ne voulons pas le voir, d’où cet acte de refoulement collectif, l’escamotage des corps morts. »

« Mon combat, T01, La mort d’un père »

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