Jacques Poulin revient avec « Un jukebox dans la tête »

1679480-gfUne surprise de taille attend Jack Waterman, l’écrivain le plus lent de la ville de Québec, lorsqu’il prend l’ascenseur ce matin-là. Une rousse de vingt-cinq ans, mince et jolie, portant des lunettes orangées, lui donne des palpitations en lui déclarant en douce : « J’ai lu tous vos livres et… je vous ai fait une petite place dans mon coeur. » 

Commence alors entre Jack et Mélodie un chassé-croisé d’affections qui hésitent, avancent, oscillent, bafouillent et glissent vers une fragile histoire d’amour à mesure que la machine à souvenirs déroule les aventures et mésaventures de chacun. L’écrivain est étonné de s’éprendre de la jeune femme, car depuis qu’il a été victime d’un accident vasculaire cérébral à Paris, il doute que son coeur puisse à nouveau battre à l’unisson d’un tel sentiment.

Même si Waterman, cédant parfois à la mélancolie (que Léo Ferré appelait « un désespoir qui a pas les moyens »), évoque au cours de leurs rencontres irrégulières son agression à l’arme blanche à Key West, sa fuite de Paris à cause d’un voisinage tumultueux et l’incendie de sa maison où ses manuscrits ont brûlé sous ses yeux, ce qui est arrivé à Mélodie le touche bien davantage. Orpheline, celle-ci a été trimballée d’un centre d’accueil à l’autre, maltraitée par la vie, la drogue, la Direction de la protection de la jeunesse, et les hommes qui en bavaient pour elle.

Et justement, le voisin de palier de Jack Waterman pourrait bien être un de ces hommes troubles avec qui elle a eu maille à partir, un videur de bar nommé Boris. Voilà qui met Jack dans tous ses états et lui donne un courage qu’il n’aurait pas autrement. Mais ses poings seront-ils à la hauteur de sa bravoure lorsqu’il décidera de régler son compte à cet ancien lutteur ?

On s’en doute, cette histoire cousue d’histoires est aussi le récit d’une écriture, et celle de Jacques Poulin est toujours empreinte de cette fine petite musique qui résonne, feutrée, de roman en roman, à travers la ville de Québec, depuis bientôt cinquante ans. Une petite musique d’accordéon, un brin nostalgique et féline, qui serre le coeur et le rassure au fil des mesures et des amours qui naissent et meurent, mine de rien.

Jacques Poulin

Jacques Poulin, né en 1938 à Saint-Gédéon-de-Beauce, est un des romanciers phares de sa génération. Il a donné au roman québécois son ancrage américain avec Volkswagen Blues, dont ce nouveau roman comporte plusieurs échos, vingt-cinq ans plus tard. Récipiendaire de nombreux prix littéraires, Jacques Poulin a notamment reçu en 2008 le prix Gilles-Corbeil pour l’ensemble de son œuvre, qui comporte aujourd’hui une douzaine de romans, dont Jimmy, Les grande marées, Le Vieux Chagrin, et plus récemment La traduction est une histoire d’amour, suivi de L’anglais n’est pas une langue magique.

Disponible dès maintenant à votre librairie Coop ÉTS

D’autres titres par Jacques Poulin sur notre portail.


Un Jukebox dans la tête

Jacques Poulin

Leméac (2015) 144 pages

Prix membres: 18,47$ (20,95$ non-membres)

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